Où est la vérité, est-il seulement possible de l’établir quand tout peut être interprété d’une façon ou d’une autre ? Existe-t-il seulement Une vérité, ou la réalité est-elle plus complexe, ni noire ni blanche mais faite d’ombres ?

C’est pour moi l’une des leçons d’Anatomie d’une chute, film captivant de Justine Triet, qui a reçu la Palme d’or à Cannes. Cette enquête que l’on suit en essayant de se faire une conviction (la femme a-t-elle tué son mari ou s’est-il suicidé ?) nous tient en haleine pendant 2h30. La façon dont la réalisatrice filme des détails a priori anodins, s’attarde sur les visages, scrute les micro-expressions de l’héroïne (excellente Sandra Hüller) instaure une ambiance particulière. Ce sont autant de pièces du puzzle, dont il manquera toujours un morceau, même si certaines pièces réapparaissent au fil du film. À mon sens, la fin reste ouverte, à chacun de tirer ses conclusions…

Cela m’a rappelé la série américaine The Affair, de Sarah Treem et Hagai Levi. Partant d’un banal adultère, cette série présente « les faits » sous le prisme des souvenirs des principaux protagonistes, or ces souvenirs ne concordent pas… Chacun a en effet sa vision des choses, ou sa façon de se raconter ce qu’il a vécu. C’est peut-être dans cette reconstitution kaléidoscopique que se trouve, finalement, la vérité.