C’est de l’Amour ou c’est pas de l’amour ?

Dans L’amour, François Bégaudeau raconte l’histoire d’un couple de leur rencontre dans les années 70 à nos jours. Mais ce n’est pas un conte de fées : juste une histoire banale, si banale que chacun peut y reconnaître ses parents, ou ses grands-parents. D’autant que le livre égrène les références temporelles, des chansons de Serge Lama à l’aérobic, des sous-pulls en nylon aux premiers épisodes de Plus belle la vie… On passe de Pompidou à Sarkozy sans voir le temps passer car il ne se passe pas grand-chose, non plus : mariage, naissance, changement d’emplois, les événements se succèdent, les habitudes se fossilisent. Je me demande si ce livre parle de l’amour ou plutôt de la vie, la vie qui s’écoule paisiblement sans qu’on s’en rende vraiment compte.

Mais ce compagnonnage, est-ce le véritable Amour ? Jean-Jacques Goldman ne serait pas d’accord :

« Ça ressemble à la Toscane douce et belle de Vinci

Les sages et beaux paysages font les hommes sages aussi

Ça ressemble à des images, aux saisons tièdes, aux beaux jours

Au silence après l’orage, au doux toucher du velours

C’est un peu comme ces musiques qu’on entend sans écouter

Ces choses qui n’existent jamais tant que le manque qu’elles ont laissé

Ça ressemble à ces grand-routes, sans virage, sans détour

La dolce vita sans doute

Mais en tout cas, c’est pas d’l’amour

Ça ressemble à la sagesse, à ces paix qu’on signe un jour

Juste au prix de nos jeunesses, sans trompette ni tambour

C’est plein de baisers caresses, plein de mots sucrés d’enfants

Attestations de tendresse, rituel rassurant

Harmonie, intelligence et raison ou sérénité

Complice connivence, autant de mots pour exprimer tout ce que c’est

C’est un peu tout ça tour à tour

Mais en tout cas c’est pas d’l’amour

Sans peur et sans solitude, le bonheur à ce qu’on dit

Y’a bien des vies sans Beethoven et sans avis

Pourquoi pas des vies sans cri

Mais qu’on soit contre ou qu’on soit pour

En tout cas c’est pas d’l’amour »

Publié par Céline

Curieuse, j’aime me laisser porter d’une lecture à l’autre, d’un film à un documentaire, d’une expo à un concert… et tisser des liens entre ce qui m’émeut ou me fait réfléchir.

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